Ma jumelle autour du monde | |
14. La traversée du Pacifique
Départ des Galápagos le 5 juillet vers midi.
Nous avions eu un faux départ le 2 car un fusible avait lâché dans le pilote devant l’île d’Isabella et nous avions préféré faire demi-tour car nous n’avions pas ce type de fusible à bord : si vous partez, faites l’inventaire de tous les fusibles vous serez surpris par leur diversité (donc forcément, vous n’avez pas le bon à bord) !
Nous voici donc sur la route des Marquises, le premier jour un peu de moteur pour sortir des îles et de leur courant (cette fois le pilote tient). Bientôt un petit vent arrive et nous pouvons nous passer du moteur (nous ne le rallumerons que quelques heures la deuxième nuit). Les premiers jours vent de travers, Bora adore et Michel est aux anges quand il calcule le nombre de miles en 24 heures (180 !). Nous rattrapons deux bateaux partis le matin du 5 d’Isabella, un petit contact VHF, ils descendent sur Hanavave, nous les verrons donc là-bas. Ensuite, nous ne verrons qu’un petit hélicoptère (à priori d’un gros bateau de pêche qui s’en sert pour repérer les bancs de thons : vive la pêche moderne les poissons n’ont plus aucune chance !) et un bateau bizarre qui nous a lâché une bouée sous le nez (on a pensé qu’il devait mesurer les courants ou étudier la qualité de l’océan). Par la suite, nous n’aurons que la visite de bande de dauphins qui resteront longtemps avec nous. Au fur et à mesure que nous descendons le vent tourne et nous nous retrouvons vent arrière, le spi nous aide à stabiliser le bateau car la houle reste forte et Bora roule d’un bord sur l’autre (plus question de faire de café, la cafetière ne tient pas en place !). Un soir nous cédons à la tentation de le laisser la nuit, le vent est stable mais pas plus de 10 nœuds. Mal nous en a pris ! Nous sommes réveillés car Bora est d’un coup tout stable : sûre, nous chalutons le spi des deux cotés ! Il a explosé se déchirant le long des bretelles et est passé sous le bateau. Heureusement, nous n’aurons aucun mal à le remonter à bord et les bretelles permettront de redescendre la drisse de spi. Michel reste optimiste et pense pouvoir réparer mais il nous faudra des kilomètres de scotch à spi et des heures de machine à coudre! Après ça, nous naviguons avec le foc de brise tangonné à contre : il envoie de l’air dans le génois et lui permet de rester gonflé même déventé par la grand voile, il donne de la puissance et de la stabilité au bateau. Trois jours avec peu de vent, nous enverrons le vieux spi qui, malgré son âge et ses taches de rouille (bizarre des taches de rouille sur Bora ?!?), nous permettra de garder une moyenne honorable (pas moins de 108 miles). Durant cette traversée, sans grain et en général sous le soleil (environ à mi-parcours nous retrouvons la chaleur), nous pêchons 4 daurades coryphène (donc une faisait facilement 5 kilos) et 2 tazards. Après avoir observé les pêcheurs aux Galápagos, nous sommes devenus des pros pour lever les filets et enlever la peau. Nous dégusterons ces poissons en tartare ou cuit au four palestinien (à oui, je ne vous est pas encore parlé de cet ustensile miracle qui permet de faire cuire le pain sur le petit gaz en une demi heure ; il s’agit d’une sorte de moule à baba en ferraille avec un couvercle avec des trous (pour ne pas cuire à la vapeur) et une coupelle qu’on pose sur le gaz et qui diffuse la chaleur dans le moule posé dessus. On peut y faire cuire des légumes et une grille permet de faire la viande ou le poisson qui garde tout son moelleux : vraiment un instrument intéressant à avoir à bord, nous en aurions déjà vendu pas mal si nous en avions eu en plus !). Deux jours avant d’arrivée, nous calculons qu’il nous faut ralentir pour arriver de jour à Fatu Hiva, nous prenons donc des ris et enroulerons un peu le génois. Nous voyons apparaître l’île de loin avec ses nuages accrochés à ses sommets. En se rapprochant, on distingue ses montagnes volcaniques (on se croirait dans le Puit de Dôme !). Puis en contournant l’île, on découvre la Baie des Vierges, qu’on identifie, d’abord par les bateaux qui s’y trouvent et ensuite, par ses espèces de montagnes qui la dominent et qui fait dire à certains, que les pêcheurs qui trouvaient refuge ici, l’avaient nommé la Baie des Verges, mais que les curés venus évangéliser le coin ont vite rebaptisé la Baie des Vierges ! Voilà donc la terre après 21 jours de mer et une moyenne (Mich est content) de 140 miles par jours. Ajouter un commentaire { Page précédente } { Page 24 sur 38 } { Page suivante } |
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